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"Nous marchions en silence. Jamais je ne m'étais sentie si heureuse de vivre.
Les oiseaux chantaient, la mer chantait et mon âme aussi chantait. Il me semblait respirer la vie dans les senteurs des bois, dans les parfums de la mer. À l'horizon, le soleil baissait. Nous nous assîmes sur les rochers pour le regarder coucher. Je n'oublierai jamais ce tableau: devant nous, le Saint-Laurent si beau sous sa parure de feu; au loin, les montagnes bleues; partout une splendeur enflammée sur ce paysage enchanteur. Francis regardait enthousiasmé, mais son noble visage s'assombrit tout à coup.
—Pourquoi faut-il que les beaux jours finissent, me dit-il tristement."
Émotion d’Oriane (encre bleue) : nous marchions aussi en silence, en Normandie, au bord de la mer, j’avais dix-sept ans, il en avait vingt trois, il tenait ma main gauche dans sa main droite dont la chaleur me transmettait une confiance absolue. Je savais que c’était lui, que ce serait l’amour de ma vie. Il ne s’appelait pas Francis, vous vous en doutez mais un prénom est un épiphénomène…
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